Vice-présidente Anne Dambricourt Malassé

  • Docteur en paléoanthtopologie
  • Paléoanthropologue au CNRS
  • Détachée au Département "Homme et environnement" du Muséum national d'Histoire naturelle
  • Siège: Institut de Paléontologie Humaine, Fondation Albert 1er Prince de Monaco
Photographie promotionnelle de Anne Dambricourt Malassé

Profession :
Anne Dambricourt Malassé est paléoanthropologue au CNRS depuis 1990, habilitée à diriger des recherches. Sa spécialité est la paléontologie humaine ou sciences des hominidés fossiles.

Elle est membre de l'unité mixte de recherche « Histoire Naturelle de l’Homme Préhistorique » qui est une contractualisation entre le CNRS et le Muséum national d’Histoire naturelle et l'Université de Perpignan Via Domitia. Cette unité a un pôle parisien réparti entre le Musée de l'Homme et l'Institut de Paléontologie Humaine, ainsi qu'un pôle dans le Sud-Ouest de la France avec le Centre Européen de Recherches Préhistoriques de Tautavel.

Anne Dambricourt Malassé étudie à l'Institut de Paléontologie Humaine depuis 1982, cet Institut est une fondation scientifique du Prince Albert 1er de Monaco datée de 1910 et la première dans l'histoire des sciences, dédiée à l'étude des origines anatomiques de l'Homme replacées dans leurs contextes géobiologiques et culturels.

Elle enseigne en troisième cycle universitaire au Muséum depuis 1990 et a formé de nombreux étudiants (DEA et thèses de doctorat), elle anime des séminaires de l’école doctorale sur l’évolution de l’Homme et l'élaboration de la théorie de l'évolution appliquée à l'Homo sapiens depuis Jean-Baptiste de Lamarck.

La recherche fondamentale :

Le thème de sa thèse de doctorat (1987) était consacré à la mandibule, l'os le plus fréquent des archives paléontologiques, et à la théorie de la foetalisation de Louis Bolk (1924). Ce fut la première du Muséum national d'Histoire naturelle en paléontologie humaine. Elle a bénéficié des collections des laboratoires d'Anatomie comparée, du Musée de l'Homme et de l'Institut de Paléontologie Humaine. La thèse décrit et donne les mesures la croissance de mandibules de primates actuels, replacées dans leur contexte basicrânien depuis l'embryogenèse, les protocoles sont ensuite ajoutés aux fossiles, de singes et d'hominiens. Anne Dambricourt Malassé a formulé l'expression "contraction cranio-faciale" et apporté un nouvel éclairage sur l'origine du redressement du système nerveux depuis les primates les plus primitifs jusqu'à l’Homo sapiens.

Ses observations ont montré que les changements de forme de la mandibule s'originent dans des cinématiques du tube neural qui redressent le basi-sphénoïde puis le basi-occipital et les capsules otiques, initialement alignés selon l'axe cranio-caudal de l'embryon. La première publication est parue en avril 1988, dans les Comptes Rendus de l'Académie des sciences, après une présentation du Pr. Jean Piveteau en séance hebdomadaire. Le redressement entraîne la chorde dorsale jusqu'au pôle caudal. Les espèces actuelles ont conservé les cinématiques des espèces fossiles, les plus anciennes apparues vers 60 millions d'années n'ont pas de redressement comme les lémuriens de Madagascar, par exemple. L'échelle des temps géologiques et la comparaison des fossiles montrent un début de redressement avec les premiers singes (40 millions d'années) puis, 20 millions d'années plus tard, une amplification apparait et ce fut l'émergence des grands singes. Une amplification se reproduisit des millions d'années plus tard et ce furent les premiers homininés africains (Australopithecus, 4 millions d'années), ils correspondent au seuil de la verticalité avec la perte de la quadrupédie. Mais à partir de ce seuil, la période entre deux redressements diminue considérablement, l'Homo sapiens actuel est le dernier seuil apparu vers 200 000 ans avec une occlusion qui redevient labidodonte au cours de la croissance.

La locomotion des espèces fossiles n'est donc pas à l'origine du redressement du système nerveux et de sa complexification jusqu'à Homo sapiens, la bipédie des hominiens en est une conséquence. Les implications de ce changement de paradigme se sont avérées utiles pour mieux appréhender l'identité évolutive de l'Homo sapiens, ici et maintenant. Dans cette nouvelle perspective, la question se pose de savoir comment le système nerveux et le squelette axial qui le protège - et qui porte également les deux étages de la face - vont évoluer car il est nécessaire de tenir compte de la courbe évolutive exponentielle.

Cette découverte de premier plan a été présentée en 1988 à l'Académie des sciences de l'Institut de France par le paléontologue Jean Piveteau (1899-1991), fondateur de la chaire de paléontologie des vertébrés de l’Université de Paris - La Sorbonne, et ancien président de l'Académie des sciences de l'Institut de France. Elle est diffusée, publiée et enseignée depuis plus de 30 ans. Elle est reconnue par les pairs les plus éminents de la paléontologie humaine avec Jean Piveteau ; Yves Coppens, professeur émérite au Collège de France, membre de l'Académie des sciences et de l'Académie de médecine, et président d’honneur de FREHOPS ; Phillip V. Tobias (1925-2012), paléoanthropologue, mondialement connu pour ses travaux sur les Australopithèques d’Afrique du Sud ; Marie-Antoinette de Lumley, directrice de recherche émérite au CNRS et référence mondiale pour l'étude des Homo erectus d’Eurasie ; Roger Saban (1920-2011), anatomiste, professeur au Muséum national d'Histoire naturelle qui compte parmi les premiers spécialistes de paléoneurologie ; Jean-Louis Heim (1937-2018), paléoanthropologue, professeur au Muséum national d'Histoire naturelle, spécialiste de la croissance des Néandertaliens ; Francis Clark Howell (1925-2007) paléoanthropologue de renom international, directeur du "Human Evolution Research Center" de l’Université de Californie et spécialiste des Australopithèques d’Afrique de l’Est ; Jean Chaline, paléontologue, directeur de recherche émérite au CNRS, directeur du laboratoire de Biogéosciences de l'Université de Bourgogne (1984-1995). Jean Chaline est un des rares paléontologues à formaliser l'évolution de la croissance des fossiles sur les très longues durées géologiques et à proposer des théories transdisciplinaires comme Edgar Morin attend de les voir se développer en paléontologie humaine et en préhistoire.

En 1988, Anne Dambricourt Malassé fait la connaissance de la stomatologue Marie-Josèphe Deshayes dans le cadre de la Société d'Anthropologie de Paris. Formée à l'école universitaire du professeur Jean Delaire, celle-ci lui propose d'associer leurs recherches car l'efficacité des principes orthopédiques de l'école de Nantes, appliqués aux enfants avant l'âge de 6 ans, corroborent la contraction cranio-faciale. Les recherches communes poursuivies pendant une dizaine d'années lui feront découvrir les fondamentaux de l'ostéopathie et de la posturologie méconnus en paléontologie humaine. En 1995, l'application de l'analyse de Delaire- modifiée par Deshayes - à la première téléradiographie numérique du crâne de La Chapelle-aux-Saints (Homo neanderthalensis) réalisée par le Dr. Philippe Katz (Paris), démontre une biodynamique basi-cranio-faciale totalement distincte d'Homo sapiens Linnaeus, 1758 ("Homme Anatomiquement Moderne"). L'analyse confirme les conclusions sur l'origine embryonnaire de ces différences. En 1998, le paléoanthropologue David E. Lieberman le confirme de son côté et rejoint les conclusions qui consistent à ne plus qualifier de sapiens un plan d'organisation embryonnaire qui ne dérive pas d'Homo sapiens Linnaeus, 1758.

Ces recherches ont donné lieu à plusieurs publications en collaboration avec des paléontologues, des médecins radiologues et le Dr. M.J. Deshayes.

Elle collabore actuellement avec l'Université de Technologie de Compiègne (Pr. Marie-Christine HoBaTho et Pr. Tien Tuan Dao) et l'Hôpital Américain de Paris (Dr. Fabienne Lallouet) pour l'étude morphométrique de la base endocrânienne des hominoïdes actuels et fossiles.

Parallèlement Anne Dambricourt Malassé poursuit des prospections paléontologiques et préhistoriques en Asie depuis 1996 (Pakistan, Inde, Chine). Celles-ci ont permis en 2009 la découverte remarquable d’activités humaines dans les piémonts himalayens datées de plus de 2,6 Ma. Ce sont, à ce jour, les plus anciennes traces d’une intelligence technique manuelle attribuées à l’Homme (genre Homo), elles sont visibles sur des os d'animaux avec des traces d'outils lithiques qui ont servi à découper des tendons et à fracturer des os.

Les plus vieilles traces de tranchants lithiques sur des fossiles (3,4 Ma) et les plus vieux outils en pierre taillée (3,3 Ma) sont attribués à des Australopithèques d'Afrique orientale.

La céphalométrie, la verticalisation du tronc cérébral et l'étude de la paléocognition l'ont conduite à aborder l'évolution du système nerveux dans son entier et à sérier les corrélations entre le redressement et l'émergence de capacités cognitives toujours plus complexes et plus réfléchies.

Le seuil de la verticalité a provoqué l'émergence de nouvelles contraintes psychomotrices pour le cervelet, désormais porté exclusivement sur deux membres inférieurs (petit polygone de sustentation) alors que jusqu'au stade des grands singes, la quadrupédie persiste.

Anne Dambricourt Malassé a donc proposé de voir l'émergence de nouvelles capacités créatrices d'origine psychomotrice et manuelle, comme la conséquence de nouvelles connexions entre le cervelet et le cerveau suite au seuil de la verticalisation du tronc cérébral. Elle positionne le cervelet en aplomb sur le bassin et non plus en avant. Une nouvelle boucle de réseaux de neurones aurait émergé entre le cerveau et le cervelet afin que ce dernier puisse recevoir plus d'informations sur son instabilité, sur celle de la loge cérébelleuse et celle des rochers qui contiennent l'oreille interne. L'ensemble de ces hypothèses a été synthétisé en 2011 dans son habilitation à diriger des recherches, présentée à l'école doctorale de l'UMR "BioMécanique-BioIngénierie" dirigée par Marie-Christine Hobatho, professeur des Universités à l'Université de Technologie de Compiègne, et reçue avec les félicitations du jury à titre exceptionnel.

Après plusieurs années au contact de l'Institut d'ostéopathie de Toulouse fondé par Bernard Autet, Anne Dambricourt Malassé a initié la création de l'association FREHOPS afin de replacer les troubles de l'équilibre occluso-postural, dans cette nouvelle perspective évolutive des origines de l'Homo sapiens, en tenant compte des contextes environnementaux dès la vie intra-utérine.


Biopic / Anne Dambricourt Malassé

  • 1981 06 JUIN
    Licence en sciences de la Terre, Université Paris XI, Orsay

  • 1982 06 JUIN
    Maîtrise en sciences de la Terre, Université Paris XI, Orsay

  • 1983 06 JUIN
    Diplôme d'Études Approfondies en Géologie du Quaternaire, Paléontologie humaine et Préhistoire, Université Paris VI - Pierre et Marie Curie, major

  • 1987 12 DEC
    Thèse de Doctorat de 3ème cycle du Muséum national d'Histoire naturelle, spécialité Paléontologie humaine

    Mention très honorable avec les félicitations du jury

  • 2011 06 JUIN
    Thèse d'Habilitation à Diriger les Recherches, Université de Technologie de Compiègne

    UMR Biomécanique et Bioingénierie, avec les félicitations du jury à titre exceptionnel

  • 1996 01 JAN
    Membre du Conseil National des Universités (CNU)

    Nommée par le Ministère de l'Éducation nationale, section 20

  • 1996 01 JAN
    Membre de la Commission des Spécialistes du Muséum national d'Histoire naturelle

    Nommée par le Ministère de l'Éducation nationale, section 20